Commit 2a9bb735 authored by Sarah Garcin's avatar Sarah Garcin

adding the clean texts

parent 88166c15
......@@ -28,7 +28,7 @@
$directory = 'text';
$files = scandir($directory);
foreach ($files as $key => $value):
if($value!="." && $value!=".."):?>
if($value!="." && $value!=".." && $value!=".DS_Store"):?>
<option value="<?php echo $value?>"><?php echo $value?></option><br>
<?php endif;
endforeach; ?>
......
......@@ -259,7 +259,7 @@ form input:hover{
.custom-select {
height: 50px;
overflow: hidden;
width: 500px;
width: 100%;
font-family: 'anka', monospace;
margin-bottom: 40px;
}
......@@ -270,7 +270,7 @@ form input:hover{
font-size: 1.5em;
height: 50px;
padding: 5px; /* If you add too much padding here, the options won't show in IE */
width: 500px;
width: 100%;
font-family: 'anka', monospace;
}
......
Cet ouvrage est consacré à un exposé général des notions relatives au Livre et au Document, à l’emploi raisonné des éléments qui constituent la Documentation.
Notre temps, parmi tous les autres, se caractérise par ces tendances générales : organisation et rationalisation des méthodes et procédés, machinisme, coopération, internationalisation, développement considérable des sciences et des techniques, préoccupation d’en appliquer les données au progrès des sociétés, extension de l’instruction à tous les degrés, aspiration et volonté latente de donner à toute la civilisation de plus larges assises intellectuelles, de l’orienter par des plans.
C’est dans un tel milieu qu’ont de nos jours à évoluer les Livres et les Documents. Expressions écrites des idées, instrument de leur fixation, de leur conservation, de leur circulation, ils sont les intermédiaires obligés de tous les rapports entre les Hommes. Leur masse énorme, accumulée dans le passé, s’accroît chaque jour, chaque heure, d’unités nouvelles en nombre déconcertant, parfois affolant. D’eux comme de la Langue, on peut dire qu’ils peuvent être la pire et la meilleure des choses. D’eux comme de l’eau tombée du ciel, on peut dire qu’ils peuvent provoquer l’inondation et le déluge ou s’épandre en irrigation bienfaisante.
Une rationalisation du Livre et du Document s’impose, partant d’une unité initiale, s’étendant à des groupes d’unités de plus en plus étendus, embrassant finalement toutes les unités, existantes ou à réaliser, en une organisation envisageant, à la base, l’entité documentaire individuelle que forme pour chaque personne la somme de ses livres et de ses papiers ; l’entité documentaire collective des institutions, des administrations et des firmes ; l’entité des organes spécialement consacrés au Livre et au Document, à l’ensemble ou à quelqu’une de ses fonctions : Bureau, Institut, Rédaction des Publications, Bibliothèques, Offices de Documentation.
Le présent ouvrage en donne une esquisse générale et en présente une méthode coordonnée.
\ No newline at end of file
Pour rendre accessible la quantité d’informations et d’articles donnés chaque jour dans la presse quotidienne, dans les revues, pour conserver les brochures, comptes rendus, prospectus, les documents officiels, pour retrouver les matières éparses dans les livres, pour faire un tout homogène de ces masses incohérentes, il faut des procédés nouveaux, très distincts de ceux de l’ancienne bibliothéconomie, tels qu’ils sont appliqués.
En vue des fins nouvelles proposées :
1° Les Buts de la Documentation ont été dégagés. 2° Les diverses Parties de la Documentation ont été distinguées les unes des autres, complétées et coordonnées. 3° Une Méthode documentaire générale a été élaborée et appliquée à toutes ces parties. 4° De même les diverses Opérations de la Documentation. 5° Les organismes documentaires ont été définis comme les entités qui groupent, élaborent et administrent tous les éléments ainsi traités. 6° La mise en relation de tous les organismes a été proposée et entreprise pour constituer sur des bases rationnelles et efficientes, l’organisation internationale du Livre et de la Bibliographie et constituer par coopération un Réseau Universel de Documentation. 7° La constitution d’une science et d’une technique générales du Livre et du Document a été poursuivie.
La Documentation comprend, en principe, les sept parties suivantes qui s’amalgament et se combinent :
A. Les Documents particuliers : Chacun d’eux est constitué d’un ensemble de faits ou d’idées présentés sous forme de texte ou d’image et ordonné selon un classement ou un plan qui est déterminé par l’objet ou le but que se proposent ceux qui les rédigent.
B. La Bibliothèque : C’est la collection des documents eux-mêmes maintenus chacun dans leur intégrité individuelle (Livres et publications diverses de toutes espèces). La collection est disposée en des réceptacles adéquats et rendus facilement accessibles (rayons, livres, magasins) ; elle est classée et cataloguée.
C. La Bibliographie : C’est la description et le classement des documents (Livres, périodiques et articles de revues, etc.) en distinguant la Bibliographie titre et la Bibliographie analytique. 1° Utilisation directe des bibliographies spéciales existantes. 2° Dépouillement, au point de vue des répertoires à former, des Bibliographies générales, et dépouillement des comptes rendus d’ouvrages paraissant dans les revues. 3° Relevé systématique des articles paraissant dans les revues de la spécialité et dans des articles se rattachant à cette spécialité paraissant dans les revues générales. 4° Analyse interne des publications (Livres, rapports, articles, comptes rendus, etc.) catalographie, indexation des éléments distincts contenus dans ces publications en se plaçant au point de vue des questions entrant dans l’objet de l’organisme de documentation qui y procède.
\ No newline at end of file
De l’enquête sur les faits et de leur examen général on peut dégager l’esquisse suivante d’une Organisation universelle :
1° L’organisation couvrira le champ entier des matières de connaissances et d’activité, ainsi que l’ensemble des formes et des fonctions de la documentation.
2° L’organisation implique la mise en œuvre des principes de coopération, coordination, concentration et spécialisation du travail, répartition des tâches entre organismes existants ou création d’organes nouveaux aux fins d’assurer des tâches anciennes. L’organisation se réalisera par concentration verticale, horizontale, longitudinale.
3° Les Offices de documentation seront multipliés de manière à répondre aux besoins constants. Ils seront spécialisés et couvriront chacun la partie du domaine général qu’il sera déterminé de commun accord.
4° La Répartition se fera selon les trois bases combinées a) de la matière (répartition verticale) (sujet ou science) ; b) du lieu (répartition horizontale) ; c) de l’espèce de fonction ou opération documentaire (répartition longitudinale.) [Publication, bibliothèque, bibliographie, archives, encyclopédie ou muséographie ; locaux régionaux, nationaux ou internationaux ; généraux ou spéciaux] ; la solution complète du problème mondial comporte : cent matières, soixante pays, six formes de documentation, sous les deux modalités, production ou utilisation, soit un bloc ou réseau de 72,000 alvéoles. Au centre, au siège de l’Office mondial, seront rassemblées les collections générales ainsi que les services centraux d’échanges et de prêts, placés sous un régime de propriété commune et de gestion coopérative.
5° Afin de rationaliser leurs activités et de les rendre plus efficientes, il sera procédé graduellement à une refonte des organismes documentaires ou de leurs activités par voie de fusion, séparation, concentration ou décentralisation.
Il y a une langue commune, une logique commune, une mathématique commune. Il faut créer une bibliologie commune : Art d’écrire, de publier et de diffuser les données de la science.
Nous avons besoin maintenant non plus seulement de Bibliographie, description des livres, mais de Bibliologie, c’est-à-dire une science et une technique générales du document. Les connaissances relatives au Livre, à l’Information, et à la Documentation sont demeurées trop longtemps dans l’état ou était la Biologie il y a un siècle ; il y avait alors de nombreuses sciences sans lien entr’elles et qui avaient cependant toutes pour objet les êtres vivants et la vie (anatomie, physiologie, botanique, zoologie).
La Biologie a rapproché et coordonné toutes ces sciences particulières en une science générale. Pour le livre, nous possédons dès maintenant des traités de rhétorique, de bibliothéconomie, de bibliographie, d’imprimerie. Mais nous n’avons pas encore bien formée, de Bibliologie, c’est-à-dire une science générale embrassant l’ensemble systématique classé des données relatives à la production, la conservation, la circulation et l’utilisation des écrits et des documents de toute espèce. Cette science conduirait les esprits à réfléchir plus profondément sur les bases mêmes qui servent de fondement aux diverses disciplines particulières du livre ; elle permettrait d’envisager de nouveaux progrès, grâce à des définitions plus générales et plus approfondies, grâce à l’expression de besoins plus larges et à la maîtrise d’une technique qui puisse résoudre les nouveaux problèmes.
Des efforts doivent donc être faits pour constituer en science autonome toutes les connaissances théoriques et pratiques relatives au Livre, la Bibliologie. Cette science est appelée à faire sortir de l’empirisme les applications et les réalisations.
Nous devons former d’immenses bibliothèques, nous devons élaborer des répertoires puissants. Mais, de même qu’après de Jussieu et Linné décrivant des milliers d’espèces sont arrivés, les Darwin et les Claude Bernard qui ont créé la Biologie, science théorique explicative, évolutive de l’ensemble des êtres vivants, de même les temps sont venus maintenant où il faut fonder la Bibliologie, la science théorique, comparative, génétique et abstraite, embrassant tous les livres, toutes les espèces et toutes les formes de documents. Comme la sociologie, synthèse des sciences de la société s’est constituée avec toutes les sciences sociales particulières. Comme il existe une mécanique générale appliquée, indépendante de toute étude particulière du livre, science de toutes les formes particulières bibliologie : synthèse bibliographique, science particulière du livre, science de toutes les formes particulières de livres.
\ No newline at end of file
1. L’écriture à la main est, quant au tracé des lettres, tout un art. La belle écriture, l’art de ceux qui ont une belle écriture se dit la calligraphie.
Autrefois, comme chez les Orientaux encore aujourd’hui, la calligraphie indiquait un art plus relevé.
Les Chinois, les Arabes, les Turcs, les Indiens, les Persans ont porté très haut le goût de la calligraphie. Ils tiennent en grand honneur l’art de peindre l’écriture, d’en tracer les caractères avec un degré particulier d’élégance. Le calligraphe n’y est pas placé beaucoup au-dessous de l’écrivain qui compose un ouvrage d’un beau style.
2. Enluminures. — Les manuscrits qui nous restent sont les témoins de la grandeur et de la décadence de l’enluminure. Longtemps l’Orient conserva le goût et le secret de la peinture appliquée à la décoration des livres. En Occident, l’invasion des Barbares porta à l’art calligraphique, comme à tous les arts, un coup mortel. À partir du XIVe siècle, le goût se rétablit. Les dernières années du XVe et les premières du XVIe siècle virent éclore sous le pinceau des miniaturistes des productions exquises, particulièrement dans les ouvrages liturgiques. Elles allèrent à si haut prix que les princes seuls purent s’en procurer la jouissance. Bientôt après la typographie et la gravure les proscrivent.
3. Calligraphie. — Il y a des exemples modernes et les traditions de la belle écriture se conservent chez quelques-uns. [18]
Léon Bloy un jour de misère, proposa au comte Robert de Montesquiou Fezensac, poète et descendant d’une illustre famille française, de « transcrire lui-même son livre — La Chauve-Souris — sur un vélin fastueux, en écriture divine de moine carolingien, et d’orner chaque page d’exfoliations extraordinaires. » Il ajoutait « me voilà prêt à vous donner un an de ma vie épouvantable, à faire pour vous un chef-d’œuvre, si vous voulez me sauver, car je péris absolument. « Le poète, bien qu’immensément riche et d’une prodigalité vaniteuse, refusa.
4. Le chef-d’œuvre calligraphique a souvent consisté en certaines acrobaties et prouesses scripturaires. Ainsi, le fait d’écrire microscopiquement. Aelien parle d’un homme qui, après avoir écrit un distique en lettres d’or pouvait le renfermer dans l’écorce d’un grain de blé, un autre traçant des vers d’Homère sur un grain de millet. Cicéron rapporte avoir vu l’Iliade écrite sur parchemin pouvant se renfermer dans une coquille de noix. Il y a loin de ces œuvres de patience aux manuscrits latins du IVe siècle dont les caractères avaient une si grande dimension que Saint Jérôme les appelait des fardeaux écrits.
D’autre part des calligraphes se sont ingéniés à tracer des figures de personnes ou d’objets à l’aide de fines lignes d’écriture.
\ No newline at end of file
L'Afrique aux Noirs, Paul Otlet, 1888
Parmi les multiples faits divers qui encombrent quotidiennement les
colonnes de nos journaux, nous pouvions lire, il y a quelques jours,
les lignes suivantes:
LE MOÏSE NOIR
«Les journaux américains racontent qu’un grand émoi règne actuellement
« Les journaux américains racontent qu’un grand émoi règne actuellement
dans le monde noir de l’Amérique. Il vient de paraître un prédicateur
se donnant pour le Moïse noir qui doit sauver les nègres de l’Afrique
et ramener ceux du Nouveau-Monde dans leur ancienne patrie. Ce mahdi
et ramener ceux du Nouveau Monde dans leur ancienne patrie. Ce mahdi
américain se nomme tout simplement Gilles Moss; il habite Evansville,
dans l’Indiana, il est âgé de 62 ans, et jusqu’à la guerre de
sécession il était esclave. Bon orateur, Gilles s’est acquis une
......@@ -23,5 +18,5 @@ la chaire et, le télégraphe aidant, tous les prédicateurs noirs de
l’Union acclament d’enthousiasme le prophète d’Evansville. Déjà des
milliers d’hommes et de femmes se dirigent vers l’Indiana, et, dans le
Nord, les familles noires mettent en ordre leurs affaires pour être
prêtes à partir pour l’Afrique au premier signal.»
prêtes à partir pour l’Afrique au premier signal. »
L'Afrique aux Noirs, Paul Otlet, 1888
Ainsi donc les nègres d’Amérique se réveillent. Un Moïse noir s’est
élevé au milieu d’eux, prêchant non la guerre sainte, mais un
patriotique retour vers le sol natal.
......
L'Afrique aux Noirs, Paul Otlet, 1888
Nous, Européens, qui sommes allés coloniser le sol africain, nous,
surtout Belges, qui avons pris une part directe dans l’œuvre
civilisatrice du Congo, devons-nous, pouvons-nous assister les bras
......
L'Afrique aux Noirs, Paul Otlet, 1888
Aujourd’hui, s’il faut en croire les dernières nouvelles, les
circonstances viendraient faciliter au plus haut point la réalisation
d’un tel programme.
......
L'Afrique aux Noirs, Paul Otlet, 1888
Il y a quelques mois, résumant ses impressions sur la situation
du Congo et l’avenir auquel peut prétendre ce pays, un de nos
compatriotes voyageurs émettait cette idée:
......
L'Afrique aux Noirs, Paul Otlet, 1888
L’Afrique aux noirs! Telle donc l’œuvre à laquelle il nous faut
travailler.
......
À quoi pense donc l'humanité, Pénélope
inconsciente, dont on devine tout un obscur
travail incessamment répété, ouvrière au pain
rare, qui se divertit en solutions déjà trouvées,
en inventions déjà faites, en essais inutiles déjà
essayés, en efforts stériles déjà tentés, en
dépenses redépensées sans comptabilité ?
J'ai assisté, à l'âge du collège, à une conversation entre mon père
et un jeune docteur, ami de la famille, qui se plaignait de l'obligation
dans laquelle il se trouvait, pour se perfectionner dans son art et se
tenir au courant du progrès, de dépenser une notable partie de ses
revenus en livres et en revues renfermant surtout des choses déjà
connues et que, pourtant, il était amené à se procurer pour y
découvrir les quelques pages ou même seulement les quelques
lignes qu'il lui était essentiel de connaître. « Je dois souvent,
disait-il, payer cher et me donner la peine de lire un gros volume
pour n’y trouver qu'un fait réellement nouveau. Tout le reste n’est
que répétition et copie plus ou moins dissimulée. »
Ces réflexions m'ont profondément frappé et depuis, d’abord
comme étudiant puis comme ingénieur, j'ai souvent réfléchi au
moyen de modifier cet état de choses, j'ai continué à chercher la
solution de cette question.
Ces longues réflexions ont abouti à l'élaboration d'un plan qui,
certainement, est susceptible à l'application de nombreuses améliorations, mais dont je crois les grandes lignes réalisables et que je
soumets aux critiques de ceux qu'intéressent les progrès de nos
méthodes de documentation.
\ No newline at end of file
La documentation est une nécessité moderne.
Dans l'antiquité, alors que seule une infime portion du globe s'était
élevée au-dessus de la sauvagerie primitive, un Aristote a pu songer
à réunir tout le savoir humain en quelques volumes. Plus tard, au
XVe siècle, un Pic de la Mirandole, sans se faire traiter d’inconscient,
pouvait encore se prétendre au courant de omni re scibili. Aujourd’hui,
plus aucun savant digne de ce nom n'oserait affirmer qu'il sait tout
ce qui s’est fait dans la portion de science qu'il a spécialisée.
Et, pourtant, s’il ne sait pas, il voudra savoir; il cherchera et
retrouvera ce que d’autres ont déjà trouvé!
Dans l’état actuel de la documentation il consacre forcément la
plus grande partie, sinon de son intelligence au moins de son temps,
à rechercher dans le fouillis des publications ce qu'il y a de nouveau;
sa constante préoccupation est de se tenir au courant. Ce n'est que
lorsqu'il se croit certain, ou à peu près, de savoir ce qu'ont déjà fait
tous ceux qui poursuivent la solution du même problème que lui,
qu’il peut, en parfaite tranquillité d'esprit, s’adonner à ses recherches
personnelles.
Ce travail de mise au courant est en fait un travail stérile et, si l’on
songe que chaque savant, chaque chercheur, est obligé de le faire
pour son propre compte, on en conclut que la majeure partie de leur
labeur est consacrée en réalité à une besogne de compilation que je
voudrais réserver aux manœuvres de la pensée. Je veux donc augmenter
le rendement des vrais savants, des vrais chercheurs en leur fournissant, toute préparée, la matière de leurs travaux. Du même coup tous
ceux, industriels, avocats, curieux, que préoccupe une question
pourront aisément se renseigner d’une façon rigoureusement exacte
sur sa situation actuelle.
Il faut, en d’autres termes, que chacun puisse aisément connaître,
de façon certaine, la situation exacte de n'importe quel problème,
problème social, philosophique, historique, littéraire, scientifique ou
technique, que chacun puisse toujours et sans travail spécial se
documenter sur le point qui l’intéresse.
\ No newline at end of file
« La documentation, dit M. Otlet, a pour but de fournir rapidement et facilement à tous les chercheurs, quel que soit leur degré
de connaissance ou de culture, des matériaux d'études qui totalisent
l'expérience universelle, des renseignements sur des points donnés
particuliers. Elle est, en matière scientifique, technique, historique,
sociale et industrielle, l'intermédiaire systématiquement organisé
entre le public et les documents, entre ceux qui lisent et ceux qui
écrivent. »
J'ajouterai qu’elle doit aujourd'hui être surtout l'intermédiaire
entre ceux qui écrivent, ceux qui produisent et ceux qui pensent,
qui cherchent et qui veulent produire. Sans moyens de documentation les efforts se dispersent, une notable partie du travail qui
pourrait être créateur est purement compilateur et en présence de
l'immensité de l'amas informe des matériaux à dépouiller l'esprit se
sent pris de lassitude, ne sachant sur quel point concentrer son
activité, n'ayant pas le moyen de trier le bon grain de toute cette
ivraie, ne se sentant pas soutenu par le guide qui lui fournira au
moment voulu le renseignement dont il aura besoin pour poursuivre
son œuvre de progrès.
Sans connaissances antérieures pas de connaissances nouvelles!
C’est à la documentation qu'échoit ce rôle de fournir sans peines
inutiles ces connaissances antérieures. Pour que l'humanité ne se
fatigue pas, comme l’a dit Stasse, en un travail de Pénélope il faut
que chaque chercheur puisse immédiatement reprendre la question
qui le préoccupe au point ou l’ont laissée ses prédécesseurs.
Mais le problème est plus vaste qu’il n'apparait à première vue et
la difficulté de réaliser une documentation méthodique et universelle
résulte non seulement de l'énorme accumulation d'écrits dans
lesquels se trouvent disséminées les connaissances humaines, mais
encore, et peut-être surtout, du fatras d’écrits inutiles qui englobent
les énoncés réellement originaux.
\ No newline at end of file
Avant la création des instituts actuels de documentation, le chercheur se trouvait en présence d’un fouillis de livres et de revues mal
classés qu'il dépouillait un peu au hasard de son inspiration et des
références qui lui parvenaient. Aujourd'hui, grâce aux services de
fiches et index mis à sa disposition, il ne se trouve plus, pour chaque
question déterminée, qu'en présence d'un très grand nombre de
titres de livres et d'articles de revues concernant cette question,
mais, s’il étudie où même parcourt seulement les documents qui lui
sont ainsi renseignés, il constatera qu'ils se composent surtout de
résumés, reproductions, traductions, plagiats, et d’une très faible
portion réellement originale. La parole du maître y est constamment
étouffée par les cris des disciples et surtout par ceux des imposteurs !
Aussi et plutôt que de consulter les trop nombreux titres recueillis,
ne représentant en somme pour lui que la réunion de plusieurs
tables de matières de revues spéciales, le chercheur ordinaire est-il
bientôt amené à se contenter des documents fournis par les quelques
publications qu'il lit régulièrement et par les livres qu’il a sous la
main, dans son cabinet de travail, livres et revues feuilletés en tous
sens, annotés, pourvus de signets, maculés de notes, mais pouvant,
en définitive, lui donner un contenu et non pas seulement une
étiquette (4).
En effet, aucun indice ne dit, dans les fiches actuelles de ces
instituts, quel est le document qui vaut la peine d'être lu, d’être
étudié, quel est, à côté du document de valeur purement vulgarisatrice, celui qui conserve le souvenir d’un travail personnel, d’une
expérience nouvelle, d'une observation ingénieuse, d'une réflexion
profonde. Jusqu'à ce jour cela n’a pu être fait, car il a fallu commencer par dresser l'inventaire des livres sans les lire, de même que,
dans un pays nouvellement exploré, on commence par signaler
l'emplacement des mines sans indiquer ni la quantité, ni la valeur
des richesses qu'elles renferment.
\ No newline at end of file
Dans l'intéressante étude qu’il a publiée sur l'Esprit d’invention (13), M. F. Mallieux, auquel j'avais expliqué cette possibilité
d'établir une méthode d'invention, a noté cette idée dans les termes
suivants : « On a suggéré, dit-il, de cataloguer les inventions relatives
à un objet, de les classer suivant les moyens employés, d'établir la
série des efforts faits graduellement dans chaque sens et des résultats
graduellement obtenus. Les lacunes deviendraient évidentes et
instructives, les limites atteintes ne le seraient pas moins et, certes,
de tels tableaux auraient une grande valeur. Ces dernières considérations s'appliquent plutôt à la découverte scientifique ou industrielle
qu'aux découvertes à faire dans les sciences morales, la littérature et
les beaux-arts. Mais la transposition en est facile. Il s’agit de créer
un état d'esprit ».
Des méthodes analogues peuvent et devraient, en effet, être
essayées dans tous les domaines de l’activité humaine, et leur rôle
pourrait ne pas se borner à la solution de problèmes posés, mais
conduirait fatalement à l'énoncé de nouveaux problèmes à résoudre.
Telles sont, dans leurs grandes lignes, les conséquences possibles
de l’extension rationnelle des méthodes de documentation, tel est
le rôle que pourrait jouer dans l’histoire du progrès le vaste Institut
International et Universel, où auraient été concentrées, synthétisées,
dépouillées et enregistrées toutes les sciences, vers lequel continueraient à affluer, en multiples et intarissables courants, les conquêtes
sans cesse renouvelées et toujours grandissantes de l'esprit humain.
\ No newline at end of file
Si toutes les solutions d’une même question étaient méthodiquement rangées en un tableau semblable à celui de Mendelieff, l’on
apercevrait aisément celles non tentées ; et il apparaît déjà actuellement queles étapes successives de tout problème pourraient être représentées géométriquement par une série de points qu’une courbe,
mathématiquement déterminable, doit réunir entre eux; les lacunes
comme aussi les prolongations de cette courbe, suivant sa formule,
indiqueraient les solutions à essayer. L'idée de J. Delbœuf déclarant
que l'étude de toute opinion opposée à l'opinion reçue pourrait conduire à quelque opinion nouvelle, revient à dire qu'il suffit de prolonger la courbe représentative des opinions admises en-dessous de
l'axe des abcisses pour trouver des opinions originales.
« Toute synthèse nouvelle, a dit E. Le Roy (12), sort d’une
analyse critique préliminaire : une phase de démolition la précède
et la prépare. »
Si je trouve dans les fiches relatives au mode de soutien d'une
pièce animée d’un mouvement de rotation rapide, que dans une
machine on a réalisé des progrès réels en suspendant à un arbre
flexible une pièce qui primitivement était supportée à l'extrémité
supérieure d’un arbre rigide, ne devrais-je pas dans tous les cas
analogues étudier si cette transformation n’est pas utile. Si je trouve
dans ces fiches que dans une machine une fonction a été successivement réalisée par un certain nombre de combinaisons mécaniques,
décrites dans d'autres fiches permettant d'obtenir le résultat auquel
il est destiné, ne devrais-je pas essayer dans cette même machine les
autres combinaisons possibles. Deux systèmes viennent récemment
d'être essayés pour la transmission des images à grande distance.
Tous les deux utilisent pour la reproduction des images un courant
électrique dont l'intensité varie proportionnellement à la luminosité
de la partie à transmettre. Dans l’un d'eux cette variation est produite par les différences de conductibilité électrique de l'ancre réalisant l'image sous l'influence de différence d'épaisseur ; dans l'autre
elle est produite par les différences de conductibilité d’une plaque de
sélénium sous des différences d’éclairement. Si tous les moyens
possibles de réaliser des variations d'intensité électrique dans les
conditions du problème étaient connus, ne serait-il pas facile d'imaginer aussitôt d’autres solutions ?
\ No newline at end of file
......@@ -23,6 +23,10 @@ for sentence in sentencesFromText:
sentences[i] = sentence
i = i + 1
stopwords = stopwords.words('french')
newStopWords = ["un", "une", "me", "se", "cette", "alors", "au", "aussi", "autre", "avant", "avec", "avoir", "bon", "car", "ce", "cela", "ces", "ceux", "chaque", "ci", "comme", "comment", "dans", "des", "du", "de", "dedans", "dehors", "depuis", "devrait", "doit", "donc", "dos", "début", "elle", "elles", "en", "encore", "est", "et", "eu", "fait", "faites", "fois", "font", "hors", "ici", "il", "ils", "je", "juste", "la", "le", "les", "leur", "là", "ma", "maintenant", "mais", "mes", "mine", "moins", "mon", "mot", "même", "ni", "ne", "nommés", "notre", "nous", "ou", "où", "par", "parce", "pas", "peut", "peu", "plupart", "pour", "pourquoi", "quand", "que", "quel", "quelle", "quelles", "quels", "qui", "sa", "sans", "ses", "seulement", "si", "sien", "son", "sont", "sous", "soyez", "sujet", "sur", "ta", "tandis", "tellement", "tels", "tes", "ton", "tous", "tout", "trop", "très", "tu", "voient", "vont", "votre", "vous", "vu", "ça", "étaient", "état", "étions", "été", "être"]
stopwords.extend(newStopWords)
# useful function
# Split the sentences in words but don't display it
def splitInWordsNoDisplay(s):
......@@ -34,7 +38,7 @@ def splitInWordsNoDisplay(s):
# convert to lower case
stripped = [word.lower() for word in stripped]
# removing stop_words
filtered_words = [word for word in stripped if word not in stopwords.words('french')]
filtered_words = [word for word in stripped if word not in stopwords]
# return the list of words
return filtered_words
......@@ -49,10 +53,10 @@ def splitInWords(s):
# convert to lower case
stripped = [word.lower() for word in stripped]
# removing stop_words
filtered_words = [word for word in stripped if word not in stopwords.words('french')]
filtered_words = [word for word in stripped if word not in stopwords]
for word in words:
if word in stopwords.words('french'):
if word in stopwords:
print('<div class="lowercase-wrapper"><span class="lower-word stopword word">'+word.lower() + '</span><span class="regular-word stopword word">'+word+'</span><span class="space-word"></span></div>')
else:
print('<div class="lowercase-wrapper"><span class="lower-word word">'+word.lower() + '</span><span class="regular-word word">'+word+'</span><span class="space-word"></span></div>')
......
Markdown is supported
0% or
You are about to add 0 people to the discussion. Proceed with caution.
Finish editing this message first!
Please register or to comment